Me voilà au Pérou pour un temps plus ou moins défini.... Depuis un mois et
demi déjà, j'y suis bien, je m'y sens bien. Comme toujours c'est la découverte de nouvelles saveurs, de nouvelles couleurs. Et comme toujours ce sont les proches qui manquent dans ce décors que
je suis en train d'explorer et de redessiner. Alors voici quelques moments de ma vie ici pour que vous y soyez un peu avec moi.
Paques - je viens de rentrer d'Argentine, Arthur de longues semaines de travail à Lima, la saison des pluies est finie à Cusco, le froid
arrive. On a une furieuse envie de plage, de crustacées et de glandage au soleil, on part donc à Arequipa, grosse ville bourgeoise à quelques heures de la côte sud du Pérou.
La côte est désertique, les villages côtiers sont moches, construits à la rache par les aréquipéniens qui viennent passer le we ici. Mais les plages sont à perte de vue, sauvages, on est loin de la
côte d'azur, ya des oiseaux, des loups de mer morts sur la plage, comme c'est romantique!
La place d'Arequipa, très belle
Foule dans la rue, c'est vendredi saint, les gens font le tour de toutes les églises de la ville
On a trouvé notre endroit: bungalow, piscine, à 100m de la plage
Au retour, Arthur reste à Aréquipa pour le boulot, je reviens toute seule en bus vers Cusco le dimanche soir. Préparée au pire à
passer une nuit pourrie dans le bus, je me retrouve en fait bloquée dimanche 2h du mat par une grève à 200 bornes de Cusco. Ici quand ils sont pas contents ils bloquent les routes avec des
pierres... Et ils, les paysans, étaient vraiment pas contents: toute la province de Cusco était bloquée. Bien sûr on n'en savait rien donc avec mes nouveaux potes de mésaventure (photos
ci-dessous) on a commencé à marcher en espérant trouver une voiture un peu plus loin... De 3h du mat à 10h!!! Pas une seule voiture, à part un camion qui transportait habituellement des vaches où
on s'est entassés à 70 avec la vague impression d'être des passagers clandestins! Tout ca pour se retrouver définitivement bloqués (nos pieds ne valaient plus rien) dans un petit bled où on a
quand même trouver à manger. Libération et fin de l'aventure mardi matin à 11h!!!
Mes potes d'aventure qui soit dit en passant se sont révélés exécrables et ultra-racistes envers les indiens paysans, comme il est de coutume au Pérou, au fur à mesure que le temps
passait.
Je pensais écrire ma deuxième chronique sur un sujet exotique et problématique anthropologiquement parlant, genre la question de l’interculturalité ou l’absence de
celle-ci dans les systèmes politique et juridique du Pérou ou bien alors, porque no, essayer de vous faire comprendre pourquoi les taxis cousqueniens ressemblent à des pots de yaourt,
propos illustré par de magnifiques photos multicolores.
Mais ce dimanche là est différent. Ma filleule vient de naître. Hortense belle comme le jour. Je l’apprends à l’instant, avec deux jours de décalage horaire. Une
infinie tristesse m’envahit, je me sens si désemparée d’être si loin. Totalement impuissante et cruellement absente de l’endroit où je devrais être. Je n’ai pas vu le ventre de mon amie grossir,
s’épanouir, je n’ai pas entendu ces neufs mois passer, ils m’ont pris de court.
Comme je ne l’ai pas encore vue, je ne l’ai pas sentie, comme pour moi elle n’est encore que ce si beau message envoyé par toi Elsa juste avant de partir à la
maternité, j’ai eu envie de lui écrire quelques mots pour la sentir contre moi, pour être tout contre toi ma si belle Hortense.
Je vois tes petites mains toutes fripées
Je dépose un baiser sur chacun de tes ongles encore tendres
Ta paume sur ma bouche
Je te souffle des mots tendres
Des mots d’amour, des paroles toujours, toujours je serai là
Et un bienvenue
J’imagine ton regard, je vois tes yeux noirs interrogeant ma vie
Je les entoure d’un matelas de douceur
Et je m’y love
Ma si belle toute belle Hortense, je suis tout près de toi.
:
Cusco, le nombril du monde Inca. On dirait une cuvette. Petite ville en plein coeur de la Cordillère des Andes, à plus de 3400mètres d'altitude. On dit que les Incas, petite tribu au départ, vivaient dans le Cusco avant de construire et d'étendre leur empire jusqu'à ce que l'on appelle aujourd'hui Colombie et Argentine. Donc Cusco, le centre du monde. Et moi au centre de Cusco. Joli non? Même si très légèrement égocentrique.